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Les descriptions ci-dessous sont données à titre indicatif afin de distinguer anxiété sociale et/ou scolaire, mutisme sélectif et syndrome d'Hikikomori et ne constituent pas un auto-diagnostic fiable. Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, des tests ainsi qu'une étude approfondie du problème et de l'environnement sont nécessaires.

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Anxiété sociale / phobie sociale

L'anxiété sociale (ou Trouble Anxiété Sociale) se caractérise par une peur intense et durable du regard des autres et de leur jugement lors de situations d'interaction (discuter avec des personnes hors du cercle proche, aborder un inconnu) ou de performance (parler en public, manger sous le regard d'autrui, parurésie).Face à la crainte d'être humilié ou rejeté, la personne développe des comportements de sécurité et un évitement systématique des situations anxiogènes. Si cet évitement apporte un soulagement immédiat, il maintient le cercle vicieux de la peur et peut évoluer vers une phobie sociale très invalidante au quotidien.

Les TCC constituent le traitement psychothérapeutique de première intention recommandé par les instances de santé pour surmonter l'anxiété sociale (Mayo-Wilson et al., 2014). S'appuyant sur le modèle cognitif de l'anxiété (Clark & Wells, 1995 ; Hofmann, 2007), la thérapie agit sur trois leviers complémentaires :

- la restructuration cognitive : identifier et assouplir les pensées automatiques négatives ("on va me juger", "je dois être parfait") pour développer des interprétations plus réalistes.

- l'exposition progressive et méthodique : se confronter très graduellement aux situations redoutées pour désensibiliser le système d'alarme émotionnel et réduire l'évitement.

- l'entraînement aux habiletés sociales (EHS) : Pratiquer des compétences de communication (gestion du contact visuel, affirmation de soi, prise de parole) pour renforcer le sentiment d'efficacité personnelle.

Anxiété sociale et Neurodiversité (TSA, TDAH, HPI)

Chez les personnes neurodivergentes, l'anxiété sociale découle souvent de parcours marqués par le rejet, le décalage relationnel ou l'épuisement lié au camouflage social (masking). Les TCC sont adaptées sur mesure selon le profil (Spain et al., 2015) :

Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA) : la TCC intègre une psychoéducation claire des codes sociaux implicites, régule les surcharges sensorielles et aide à réduire le coût cognitif du masking.

TDAH : Le travail cible la gestion de l'impulsivité en conversation (ex. interruption involontaire), la régulation de l'hypersensibilité au rejet (Rejection Sensitivity) et la mise en place d'outils d'attention conjointe.

Haut Potentiel Intellectuel (HPI) : La thérapie accompagne le sentiment de décalage (thématiques, rythme de pensée) et aide à assouplir le perfectionnisme relationnel ("peur de ne pas être à la hauteur ou d'ennuyer l'autre").

(sources : Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. In Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (pp. 69-93). Guilford Press; Hofmann, S. G. (2007). Cognitive factors that maintain social anxiety disorder: a comprehensive model and its treatment implications. Cognitive Behaviour Therapy, 36(4), 193-209; Mayo-Wilson, E., et al. (2014). Psychological and pharmacological interventions for social anxiety disorder in adults: a systematic review and network meta-analysis. The Lancet Psychiatry, 1(5), 368-376; Spain, D., et al. (2015). Cognitive behaviour therapy for social anxiety in adults with autism spectrum disorders: a systematic review. Research in Autism Spectrum Disorders, 15, 34-45.)

Phobie scolaire

Elle peut avoir une composante sociale (peur de fréquenter d'autres élèves), une composante de performance (peur de ne pas répondre aux attentes académiques, d'être interrogé ou de passer un examen) ou être une combination des deux. Elle peut s'accompagner de symptômes somatiques réels typiques du stress (tomber malade avant un examen ou très souvent, souffrir d'incontinence, etc.), de symptômes psychologiques (crise de paniques, épisodes dépressifs, etc.) ou des deux. Elle peut être établie après un certain laps de temps : par exemple, un refus d'aller à l'école associé à une incontinence dans les premières semaines de la rentrée - et en l'absence d'événements particuliers tels que du harcèlement - ne constitue pas une phobie scolaire.

Mutisme sélectif

Le mutisme sélectif est un trouble anxieux complexe caractérisé par l'incapacité persistante d'une personne à parler dans certaines situations sociales spécifiques (comme à l'école ou face à des personnes extérieures au cercle familial), alors qu'elle s'exprime normalement dans les contextes où elle se sent en sécurité (American Psychiatric Association, 2013).

- Ce n'est pas un trouble de la communication ou de l'oralité : La personne possède toutes les compétences linguistiques et cognitives pour s'exprimer.

- Ce n'est pas une « simple timidité » : Il ne s'agit pas d'un trait de caractère passager qui « disparaîtra avec l'âge », mais d'un blocage anxieux involontaire.

- Ce n'est pas systématiquement lié au TSA : Bien qu'une comorbidité soit parfois possible, le mutisme sélectif est un trouble anxieux autonome et non une manifestation du Spectre de l'Autisme (Muris & Ollendick, 2015).

L'anxiété sous-jacente au mutisme sélectif est extrêmement invalidante. Dans les moments de blocage, la personne peut se trouver dans l'impossibilité totale d'exprimer des besoins élémentaires (demander de l'eau, l'accès aux toilettes, signaler une douleur) ou de refuser son consentement. Cette vulnérabilité expose particulièrement les enfants et adolescents à un risque accru de rejet, de harcèlement et d'expériences traumatiques (Cohan et al., 2006).

Face à cette souffrance quotidienne, les personnes concernées et leurs proches finissent souvent par renoncer aux activités extrascolaires, aux loisirs ou à la scolarisation classique. S'installe alors un cercle vicieux où l'évitement renforce l'anxiété et accentue l'isolement social.

Les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) et les interventions comportementales intégrées constituent l'approche de référence pour accompagner le mutisme sélectif (Bergman et al., 2013). Elles reposent sur la désensibilisation systématique, l'exposition très progressive (technique du stimulus fading et du façonnement) et le renforcement positif, en retirant toute pression liée à la parole.

Le cabinet propose un cadre sécurisant: levée de la pression verbale (aucune attente de parole forcée, droit de garder le silence), activités et supports adaptés (utilisation de canaux non verbaux pour favoriser l'expression libre et le plaisir d'être ensemble), progression à son rythme afin de réapprivoiser le lien social sans stress et réduire progressivement l'anxiété.

Mutisme sélectif et bilinguisme

Il est intéressant de noter que les enfants exposés au bilinguisme ou évoluant dans une langue minoritaire présentent une prévalence plus élevée de mutisme sélectif (Elizur & Perednik, 2003 ; Toppelberg et al., 2005). Il est toutefois crucial de ne pas confondre ce trouble avec la « période silencieuse » normale observée lors de l'apprentissage d'une seconde langue : chez l'enfant bilingue souffrant de mutisme sélectif, l'inhibition verbale ne provient pas d'un manque de compétences linguistiques, mais d'une anxiété sociale majeure qui se cristallise dans le contexte d'apprentissage ou d'immersion linguistique. Un diagnostic différentiel rigoureux est donc indispensable.

(sources : American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.). Arlington, VA; Bergman, R. L., Gonzalez, A., Piacentini, J., & Keller, M. L. (2013). Integrated behavior therapy for selective mutism: a randomized controlled trial. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 81(6), 1051–1060; Cohan, S. L., Chavira, D. A., & Stein, M. B. (2006). Practitioner review: Psychosocial interventions for children with selective mutism. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 47(11), 1085–1097; Elizur, Y., & Perednik, R. (2003). Prevalence and description of selective mutism in immigrant and native families: a controlled study. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 42(12), 1451–1459; Muris, P., & Ollendick, T. H. (2015). Children who are anxious in silence: a review on selective mutism, the new anxiety disorder in DSM-5. Clinical Child and Family Psychology Review, 18(2), 151–169; Toppelberg, D. R., Tabors, P., Coggins, A., Lum, K., & Burger, C. (2005). Differential diagnosis of selective mutism in bilingual children. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 44(6), 592–595.)

Syndrome d'Hikikomori

Identifié pour la première fois au Japon par le psychiatre Tamaki Saitō (Saitō, 1998), le syndrome d'hikikomori désigne un retrait social et relationnel profond de la société, à la fois sur le plan professionnel, scolaire et interpersonnel (Kato et al., 2019, 2020). Longtemps assimilé à une forme extrême et invalidante de phobie sociale, ce syndrome est aujourd'hui appréhendé comme une condition psychosociale complexe où l'anxiété d'évaluation et la pression de performance conduisent à un repli sur soi protecteur (Teo & Gaw, 2010).

L'isolement s'installe généralement de manière progressive à travers trois stades distincts:

1) Retrait partiel: l'individu restreint ses engagements sociaux tout en continuant de quitter le domicile de manière occasionnelle (2 à 3 fois par semaine), souvent pour des besoins essentiels ou lors d'heures peu fréquentées.

2) Retrait sévère: les sorties extérieures deviennent extrêmement rares et s'effectuent quasiment sans aucune interaction sociale. La communication reste toutefois préservée (ou partiellement maintenue) avec les membres du foyer.

3) Isolement total: rupture complète de toute interaction directe, y compris avec les proches vivant sous le même toit (repas déposés devant la porte, évitement visuel et verbal absolu).

Face à ce retrait extrême, le sentiment de honte et l'anxiété renforcent le cercle vicieux de l'évitement. Dans les états les plus avancés, la démarche thérapeutique commence par un travail auprès de l'entourage (Nonaka & Sakai, 2021): les premières séances sont organisées avec un proche plutôt qu'avec le patient. Cet accompagnement indirect permet d'offrir un soutien aux familles, de réévaluer la dynamique relationnelle au foyer et de préparer très progressivement un canal de communication sécurisé vers le patient.

(sources: Kato, T. A., Kanba, S., & Teo, A. R. (2019). Hikikomori: Multidimensional understanding and clinical interventions. Psychiatry and Clinical Neurosciences, 73(8), 427–440; Kato, T. A., Kanba, S., & Teo, A. R. (2020). Defining pathological social withdrawal: Proposed diagnostic criteria for hikikomori. World Psychiatry, 19(1), 116–117; Nonaka, S., & Sakai, M. (2021). Psychological interventions for hikikomori: A systematic review. Frontiers in Psychiatry, 12, 712002; Saitō, T. (1998/2013). Hikikomori: Adolescence without end. University of Minnesota Press; Teo, A. R., & Gaw, A. C. (2010). Hikikomori, a Japanese culture-bound syndrome or a global psychiatric problem? The Journal of Nervous and Mental Disease, 198(6), 444–449)

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